Gérard Jolivet

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Gérard Jolivet : pilote moto et… tramway

Aujourd’hui conducteur de tram et de bus à Nantes, Gérard Jolivet est surtout un pilote moto mondialement reconnu avec 25 participations consécutives aux 24 Heures du Mans et au Bol d’Or.*

Le plus rapide des conducteurs de tram

Quelle est la recette de votre longévité en compétition moto ?
Il y a forcément une part de chance, ce qui m’a évité de faire des chutes plus graves qui auraient pu me pousser à arrêter. C’est également dû à mon pilotage, plus propre et plus posé que celui de certains. Les années qui passent vous calment aussi, tout comme le fait de rouler sur une moto prêtée. Tous ces éléments font que je prenais moins de risques.

Selon vous, quelle est la part du pilote et de la moto dans un succès ?
Contrairement à la F1 où la voiture a un rôle prépondérant, je dirais qu’en compétition moto, c’est 50-50. Une bonne moto, ce n’est pas suffisant pour gagner et un pilote ne peut pas tout faire.

Gérard Jolivet

Gérard Jolivet au Bol d’Or Classic

En 30 ans de carrière, la peur et le stress disparaissent lors des compétitions ?
Le stress ne disparaît jamais réellement mais on apprend à vivre avec. C’est surtout avant la course qu’on le ressent. Une fois sorti des stands, c’est trop tard, on n’y pense plus. La peur, c’est encore différent. L’un des facteurs qui peut rentrer en jeu, c’est le fait de rouler sur une moto qui ne nous appartient pas. Il ne faut jamais oublier de respecter sa monture et d’éviter la casse.

Vous croyez en une part de chance dans les accidents ?
Bien sûr, rétrospectivement, je me dis que j’étais suivi par la bonne étoile. J’ai connu des chutes qui auraient pu être très graves mais je suis passé à travers. En 2001, à Magny-Cours, j’ai fait un tout droit dans le bac à gravier. Je pars les quatre fers en l’air, le réservoir est arraché et la moto finit par prendre feu. Mais c’est en rentrant à la maison et en parlant avec ma femme que j’ai réalisé ma chance. Elle m’a dit « heureusement qu’il n’y avait pas de moto devant toi à ce moment-là, sinon tu la percutais ».

Comment reprend-on le guidon après une telle expérience ?
Quinze jours après, j’avais une autre course de vitesse et j’ai oublié d’avoir peur. C’est le plaisir de piloter qui vous fait oublier cela. Je prenais énormément de plaisir en course et je mesurais la chance que j’avais de piloter à ce niveau. Tout cela n’a pas laissé place à la peur. En plus, je ne m’étais pas gravement blessé donc j’avais envie d’y retourner.

Comment est venue votre décision d’arrêter le haut-niveau ?
J’ai arrêté en 2006, sur une dernière participation aux 24 Heures du Mans Moto, ma 25ème. Lors des essais et de la course, je me suis rendu compte que j’étais le moins rapide des trois pilotes de mon team. C’était quelque chose de nouveau pour moi et je l’ai vu comme un signe fort me disant qu’il était temps d’arrêter. Je n’avais pas non plus envie de faire la course de trop et je voulais désormais suivre la carrière de mon fils, Florent, en karting.

Gérard Jolivet

Gérard Jolivet podium au Bold d’Or Classic


Gérard Jolivet, toujours en piste
« Je continue de rouler à moto sur route et sur circuit car je suis formateur moto sur le circuit de Fay-de-Bretagne et je participe chaque année au Bol d’Or Classic avec un ami journaliste. Je prends encore mon pied sur des compétitions d’exhibition comme celle-ci. »

Palmarès
Gérard Jolivet a commencé sa carrière de pilote en 1977 au guidon d’une 125 Suzuki en course de côte. Champion de ligue 125 en course de côte l’année suivante, il se lance sur circuit en 1979, en coupe Kawasaki 650cc, avec plusieurs victoires et podiums. Pilote Officiel Moto Guzzi en 1980, Gérard Jolivet découvre les joies de l’endurance avec le Bol d’Argent. Courses d’endurance auxquelles il participera pendant près de 25 ans devenant ainsi le recordman de participations aux 24 heures du Mans et au Bol d’Or avec 25 participations à chaque course.

Gérard Jolivet

Gérard Jolivet et son fils Florent

Un fils pilote de voiture
« Tout au long de ma carrière, j’ai assisté à des choses et des accidents difficiles. Ma femme et moi étions donc contents de voir notre fils Florent s’orienter vers la voiture et le kart plutôt que la moto. En revanche, cela ne me permet pas de partager avec lui mes conseils de pilotage car, de la moto à la voiture, les sensations et les techniques sont totalement différentes. »

Retrouvez toute son actualité sur le site de son fils florentjolivet.com

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