Dans les coulisses de Turbo sur M6

0

L’émission automobile phare fêtera l’année prochaine ses 30 ans ! Une longévité exceptionnelle puisque Turbo est la plus ancienne émission d’M6, et son présentateur Dominique Chapatte, l’un des recordmen de présence à l’antenne toutes chaines confondues ! Alors, pour vous faire découvrir ce qui fait le succès de ce grand rendez-vous automobile du dimanche, je vous invite à pénétrer dans les coulisses de l’émission, pour laquelle je travaille depuis bientôt 3 ans !
Thomas Bastard

nan519H : La maison s’éveille
Lundi matin, il est 9 heures. Les rues de Neuilly Sur Seine s’animent et le va-et-vient des voitures sur la très fréquentée avenue Charles de Gaulle ne perturbe pas l’agent de sécurité planté devant le n°89. C’est à cette adresse que le groupe M6 a installé son siège, dans un immeuble gigantesque de 8 étages et 5 sous-sols.
Une véritable fourmilière où plus d’un millier de journalistes, producteurs, réalisateurs, monteurs ou techniciens s’affèrent pour pouvoir proposer 24 heures de programme, 7 jours sur 7. Au 5ème étage, les lumières s’allument, la rédaction de Turbo commence à reprendre vie pour une nouvelle semaine. A droite du couloir, le bureau que Dominique Chapatte partage avec Hervé Robin, le rédacteur en chef. A gauche, l’open-space dans lequel 10 journalistes travaillent à temps plein lorsqu’ils ne sont pas sur le terrain en reportage. Cette petite rédaction regroupe l’équipe de l’émission et celle du site web qui y est lié, Turbo.fr.

10H : La réunion hebdomadaire commence

nan47
C’est une tradition, le lundi matin c’est conférence de rédaction ! Selon les emplois du temps de chacun, la table est plus ou moins remplie selon les semaines mais cette réunion a son importance.
nan52Après un rapide tour de table pour récolter les impressions sur l’émission de la veille, il est l’heure d’analyser les audiences. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Un sujet s’est-il démarqué des autres ? Quelle est la tendance générale ? Loin d’être un simple retour sur une émission, les audiences nous amènent parfois à modifier nos programmes ou nos prévisions de sujet. Au même moment, quelque part sur une route de Normandie, une équipe se met au travail. Essai du jour : un monospace.

10H30 : Silence, ça tourne !
Une équipe de tournage, c’est un binôme ! Un journaliste, qui prépare son sujet, imagine des séquences et apporte le contenu rédactionnel et un caméraman, qui fait le lien entre les souhaits du journaliste en terme de mise en scène et la conception technique. Chaque rôle est primordial : sans préparation de la part du journaliste, pas d’images et à l’inverse, sans images adéquates pas de reportage. La bonne communication conditionne la réussite du reportage. Avec l’habitude, chaque cadreur connaît les attentes et les méthodes de travail de chaque journaliste et il arrive souvent de ne même pas avoir à se parler pour avoir une même idée ! Pour concevoir un numéro de Turbo, environ 25 techniciens (cadreurs, monteurs, ingénieurs du son) sont nécessaires.


nan5411H : Le reportage prend forme

La réalisation d’un essai automobile pour la télévision nécessite deux grandes étapes de fabrication. La première, c’est la présentation statique. Il s’agit de décortiquer le style et de détailler la voiture de A à Z à l’arrêt. Quelles sont les différences avec la précédente génération ? Quelle est l’allure générale du modèle ?
Qu’est ce qui nous plaît ou nous déplaît d’un point de vue look ? Cette appréciation est subjective car les goûts sont propres à chacun, mais l’idée est davantage d’analyser et d’expliquer le travail fait par les designers que de le critiquer.


12H : Place à l’essai routier

nan53Pour essayer une voiture et en avoir une opinion fiable, il faut rouler avec. Beaucoup rouler. C’est la deuxième
étape. En moyenne, chaque journaliste essayeur parcourt entre 500 et 1500 kilomètres au volant du modèle à tester. Une distance suffi sante pour pouvoir juger des qualités et des défauts d’une auto. Ville, routes départementales, autoroutes, toutes les voitures sont analysées sur un parcours varié. Consommations, comportements de conduite, freinage, accélération, précision de la direction, ergonomie ou confort, nous épions le moindre détail. Après avoir trouvé un argumentaire qui décrit nos sensations de conduite, il est temps de le restituer face caméra. Le dispositif est simple : deux caméras Gopros sont installées, reliées
à un micro. Pas de répétitions, la première prise est en général la bonne ! Et pas de langue de bois : tout peut être dit au sujet d’une voiture et les constructeurs le savent !

nan4814H : En salle de montage
Pendant que l’essai du jour est en cours de tournage, un autre journaliste monte un grand reportage. Il s’agit
d’un roadtrip de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Australie. Un tournage de 6 jours qu’il va falloir condenser en 10 minutes. C’est certainement l’exercice le plus diffi ile du métier, savoir faire des choix et
être concis ! Assisté d’un monteur, le journaliste a une journée pour rédiger, enregistrer son commentaire et monter les images, avant une validation finale des rédacteurs en chef ou de Dominique Chapatte, le soir même. En règle générale, les reportages sont préparés une à deux semaines avant leur diffusion, sauf en cas d’actualité importante.

15H : Dans le bureau de Dominique
Lorsqu’il n’est pas en tournage, Dominique Chapatte occupe un grand bureau rond où s’entassent les magazines spécialisés, les coupures de presse et les courriers des lecteurs (qu’il ouvre tous, sans exception !). C’est ici qu’il écrit ses textes, encore à la main, et qu’il prépare ses prochains déplacements. Car le voyage rythme sa vie. Avec une cinquantaine d’émissions par an, nécessitant chacune entre 3 et 4 jours de tournage par semaine, Dominique est un vrai homme de terrain. Rares sont les pages de son passeport encore libres et celles qui le sont encore ne le resteront pas longtemps. Cependant, même à l’autre bout du monde, il garde un oeil sur le travail de tous et il nous fait part de ses remarques à son retour.

nan4916H : Un joli balai automobile au sous-sol

C’est certainement l’endroit qui fait le plus fantasmer les téléspectateurs de Turbo : le parking ! Avec plusieurs centaines de modèles essayés par an, vous imaginez bien que le turn-over y est impressionnant. La supercar italienne y côtoie la petite citadine coréenne, elle même garée à côté d’une berline française. Cependant, aucune d’entre elle n’y reste plus d’une semaine.nan50 Les véhicules d’essai nous sont prêtés directement par les marques, qui disposent toutes de parcs « presse » : une flotte de véhicules uniquement destinés aux journalistes, neufs et plutôt bien optionnés. Entre les départs et les arrivées quotidiens, une certaine rigueur s’impose !

19H : Fin de la première journée d’essai
Sur la route, la première partie de l’essai du monospace prend fin. Le lendemain sera consacré aux prises de vues dynamiques. Le tournage est chronophage et 5 minutes de reportage diffusées à l’antenne nécessitent en moyenne 4 heures de rushs, ce qui représente 2 jours de travail sur le terrain. Sur les 10 journalistes titulaires au sein de la rédaction, il est très rare de se retrouver tous ensemble au bureau. En règle générale, 3 à 4 d’entre nous sont en tournage au même moment. Un rythme nécessaire pour concevoir les 6 reportages
inédits proposés chaque semaine dans l’émission.

Voilà donc dans les grandes lignes à quoi se résume notre travail : des modèles différents chaque semaine, des kilomètres de bitume, quelques arrêts à la station service, mais surtout beaucoup de passion et d’investissement dans notre travail pour réussir à vous contenter toutes les semaines.
En espérant vous retrouver dimanche prochain, toute l’équipe compte sur vous !

Partager cet article :

Laisser un commentaire