Périphérique sous surveillance

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Travailler sur le périphérique : un métier à risques

Cent mille véhicules empruntent chaque jour la ceinture périphérique nantaise. Un flux qui nécessite un entretien et une surveillance permanents. C’est la mission de la Direction Interdépartementale des Routes de l’Ouest. « La DIRO est chargée de la surveillance, de l’information, de la protection des véhicules en panne ou accidentés, du salage, du fauchage et de l’entretien des routes », explique

Des chantiers au milieu de véhicules lancés à vive allure sur le périphérique

Des chantiers au milieu de véhicules lancés à vive allure

Philipe Belizaire, le directeur. « Nous ramassons également les objets perdus. On trouve de tout : des enjoliveurs, des bouts de pare-chocs, des bouteilles, des couches. Les emballages de nourriture sont légions aux alentours des fast food. Mais il y a plus volumineux, comme parfois des frigos ou cette caisse enregistreuse abandonnée après un braquage ». Chiens, chats, vaches, chevaux, sangliers… les animaux font également partie des 2 000 interventions annuelles.

Insultes

La tâche impose des interventions dans des situations critiques. Ce qui n’est pas sans risque s. « Au bout de dix minutes sur la bande d’arrêt d’urgence, on peut dire qu’une personne est en sursis. Une de nos préoccupations est que nos gars rentrent le soir. » Le service a en effet déjà été touché par le décès d’un des leurs. Les accidents sur lesquels ils interviennent sont le quotidien de ces hommes en orange. « J’ai vécu une cinquantaine de décès dans ma carrière. Je les ai encore tous en tête, confie un agent. Notamment un accident où j’avais assisté à la mort de cinq personnes à la fois. Le dernier en date, c’était un suicide, un jeune de 26 ans qui s’est jeté sous les roues d’un camion. » Un métier difficile, donc, mais loin d’être reconnu à sa juste valeur. « De la part des automobilistes, il y a de l’agressivité et des insultes, sûrement dus à l’incompréhension », estime M. Belizaire.

Ce qu’il faut savoir sur notre périph’:

43 km

Le périphérique nantais est le second plus long de France après celui de Bordeaux (45 km).

Panne sèche

La plupart des pannes d’essence interviennent sur le pont de Cheviré. Certains automobilistes roulent avec un réservoir presque vide. Avec la montée à 6% et la gravité, le carburant va se coller au fond du réservoir, là où la pompe ne peut pas l’atteindre. C’est la panne sèche immédiate.

Travaux

Certains travaux sont impossibles en journée sans bloquer totalement le trafic. Par conséquent, les agents de la DIR effectuent certaines tâches la nuit.

Matériel DIRO périphérique

« Une panne sur le pont de Cheviré, c’est huit kilomètres de bouchon »

M. Belizaire, de quels dispositifs disposez-vous afin de surveiller les événements sur le périphérique ?

Mis à part les équipes qui patrouillent, nous avons des caméras et des stations de comptage avec des boucles insérées dans la chaussée. Ces stations nous permettent d’évaluer également la vitesse des véhicules. Grâce à ces instruments, nous sommes informés de l’état du trafic. Et, grâce à nos caméras, nous connaissons la raison des éventuels ralentissements. Actuellement, avec nos 18 caméras, nous couvrons la quasi-totalité du périphérique.

Qu’est ce qui provoque les bouchons ?

Tous les événements sont susceptibles de générer un ralentissement, voire un embouteillage. Un véhicule en panne sur le pont de Cheviré, aux heures de pointe, occasionne pas loin de huit kilomètres de bouchon en une demi-heure.

Les Nantais pestent contre les embouteillages sur le périph…

C’est vrai, mais cela vaut pour toutes les autres grandes villes de France. Aujourd’hui, notre objectif n’est, non pas d’augmenter la capacité du périphérique, mais de réguler, en amont, le débit de voitures en créant une insertion plus fluide.

Quel fait est le plus difficile à gérer ?

Les actions sociales, les manifestations. Surtout que l’on sait que la fin de la manifestation ne signifie pas forcément la fin de l’embouteillage. Le temps d’élimination du bouchon est toujours beaucoup plus long que la durée de l’événement qui l’a causé.

Quels sont les cas les plus longs à résoudre ?

Mis à part les travaux, ce sont les renversements de poids-lourds. Avec un camion, la première étape sera de le décharger manuellement. Selon le tonnage et le contenu, cela peut prendre plus ou moins de temps. Lorsqu’il s’agit d’animaux, il faut l’accord des services vétérinaires et trouver un camion identique. Puis, il faut soulever le poids-lourd et l’emmener. La dernière étape sera de remettre la route en état, la nettoyer, et réparer la glissière de sécurité. Pour tout cela, il faut compter au minimum quatre heures

Mais aussi…

Poubelle

Le centre névralgique de la DIRO

Le centre névralgique de la DIRO

La DIR ramasse près de 16m3 de déchets par mois. On considère qu’environ 50 à 60% ont été balancés volontairement.

Annonces

Les usagers sont mis au courant des bouchons grâces à des panneaux numériques d’information. Cela ne permet pas d’éviter les

embouteillages mais donne à certains l’occasion de modifier leur trajet. La DIR avertit également les radios locales qui relaient l’info.

5 centres

La DIR, à Nantes, c’est 130 personnes dans cinq centres d’entretien. Un à Nantes, à Héric, à Basse Goulaine, à Savenay et à La Seguinière. Chaque centre gère entre 30 et 70 km de routes nationales.

 

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