Village motos: le village d’irréductibles motards

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Bertrand Macé est un peu Abraracourcix. Il dirige le Village Motos, à Nantes. Un épatant concept unique dans l’Ouest.

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M. Macé, qui a créé ce concept du Village Motos ?

Mon père a lancé le Village Motos en 2001. En début d’année, il a passé la main. C’est donc une histoire familiale qui continue. Cela permet de garder l’esprit initial du projet. L’idée était de créer un endroit moderne et approprié dans lequel on retrouve toutes les marques ou presque. Nous avons été le premier en France. Il y en a maintenant un à Lille et un nouveau vient d’ouvrir à Poitiers.

Comment fonctionnent les activités ?

C’est un groupe de 70 personnes mais ce sont avant tout les équipes. Chaque entité a son directeur de magasin. Par exemple, chez Honda, Christian est là depuis 95. Vous savez qu’en moto, les marques ont des identités fortes, il est donc important de respecter ça.

Si je viens pour acheter une moto : Kawa va essayer de m’en vendre une, mais Suzuki aussi ?

Oui, bien sûr, ils agissent comme ça. Et ils aiment ça (rires). Toutes les entités nous appartiennent. Mais ils sont tous concurrents. Ils ont tous les mêmes règles de rentabilité et de fonctionnement. Mais comme au rugby, c’est viril mais correct (rires). C’est-à-dire qu’ils sont collègues et concurrents.

Qui vient chez vous ?

Entre le magasin de scooters qui s’adresse à une clientèle à partir de 14 ans et notre plus vieux client qui a 86 ans, qui roule en 750 GSXR (ndlr : c’est une sportive), on trouve toutes sortes de profils. Moto-balade, moto-loisir, moto-sportive, moto-verte…

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Ressentez-vous la crise ?

Elle est là ! On traverse une tempête mais nous avons l’avantage d’être sur un gros bateau. On tient donc la secousse.

On sent qu’il se dégage un état d’esprit positif…

Tout à fait. Nous ne voulons pas de ce que l‘on voit dans l’automobile où l’on se sent dévisagé dès que l’on rentre dans un magasin. Nous tenons à garder une certaine convivialité. Par exemple, pour certains clients, nous utilisons le tutoiement. Dans la moto, il y a des valeurs très fortes que sont la solidarité, la convivialité et la liberté.

La voiture évolue : plus d’électronique, de l’électricité. Et la moto de demain ?

La moto plaisir restera ce qu’elle est. Bien sûr, les consommations et la pollution vont s’améliorer mais il ne faut pas qu’elle change radicalement. D’ailleurs, entre les motos des années 70 et celles de maintenant, il n’y a pas grand-chose qui a changé à part l’arrivée de l’injection et l’utilisation de l’aluminium au lieu de l’acier. Grosso modo, les bases sont les mêmes, c’est toujours un moteur et deux roues…

Trois grosses marques : Yamaha, Harley et BMW font bande à part. Ce sont des villages voisins sympas ou des Romains avec qui vous êtes en guerre ?

On ne travaille pas de la même façon. Nous sommes concurrents mais collègues. Globalement, il faut que la moto perdure à Nantes et que les utilisateurs soient contents. C’est notre intérêt commun. Nous avons une concurrence forte, mais saine. C’est très motivant.

Dans quelle gamme de prix vous situez-vous au niveau des accessoires ?

Nous avons vraiment de tout à tous les prix. 1350 m² d’accessoires, ça n’existe nulle part ailleurs. Pour la partie casque, nous avons environ 550m² dédiés. Les prix sont très compétitifs, avec les systèmes de fidélité, les remises…

On voit des motards venir de Lorient ou Cholet, le samedi…

C’est régulièrement le cas. Les gens viennent de loin. Il y a l’espace restauration qui permet de passer du temps sur place. On teste des accessoires, on mange, on boit un café et… on essaie des motos car nous avons le plus grand parc d’essais de l’Ouest.

Village Motos, Rue Louis Blériot à Orvault

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